Création d’emplois : « Les services » N°1 au Maroc
07/11/2018

Entre le troisième trimestre de l’année 2017 et la même période de 2018, l’économie marocaine a créé 122.000 postes d’emploi, 118.000 en milieu urbain et 4.000 en milieu rural.
Les services ont créé 98.000 emplois, l’industrie y compris l’artisanat 19.000, l’agriculture, forêt et pêche 9.000 alors que le secteur des BTP en a perdu 4.000.

 

Dans ce contexte, le nombre total des chômeurs s’est établi, entre les deux périodes, à 1.172.000 chômeurs, en baisse de 64.000 personnes au niveau national, 29.000 en milieu urbain et 35.000 en milieu rural.

 

Le taux de chômage est ainsi passé de 10,6% à 10% au niveau national ; de 14,9% à 14,3% en milieu urbain et de 4,6% à 3,9% en milieu rural. Ce taux reste relativement élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (27,5%), les femmes (13,8%) et les diplômés (17,1%). Le taux de chômage atteint parmi les détenteurs d’un diplôme de formation professionnelle 23,9%, 36,5%parmi les femmes et 19,3% parmi les hommes.
Près de 6 chômeurs sur 10 (57%) sont à la recherche de leur premier emploi, 2 sur 3 (64,7%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus et un peu plus du quart (26,8%) se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur.

 

De son côté, la population sous-employée s’est établie au troisième trimestre de 2018 à 1.022.000 personnes. Par rapport au troisième trimestre de 2017, le taux de sous-emploi a baissé de 0,2 point, passant de 9,9% à 9,7% au niveau national ; de 8,3% à 8,2% en milieu urbain et de 11,8% à 11,6% en milieu rural.

 

Des taux d’activité et d’emploi en baisse

 

Au troisième trimestre de 2018, la situation du marché de travail a été marquée par une poursuite de la baisse des taux d’activité et d’emploi. La population en âge d’activité (15 ans et plus) s’est accrue, par rapport au troisième trimestre de 2017, à un rythme plus important (+1,7%) que celui de la population active (+0,5%). Le taux d’activité a ainsi reculé de 45,5% à 45% entre les deux périodes ; de 41,5% à 41,1% en milieu urbain et de 52,4% à 51,9% en milieu rural. L’écart des taux d’activité entre hommes et femmes a atteint 49,6 points, avec des taux respectifs de 70,2% et de 20,6%.
Le volume de l’emploi s’est accru de 122.000 postes ; 118.000 en milieu urbain et 4.000 en milieu rural. Selon le type d’emploi, 104.000 emplois rémunérés ont été créés, résultant d’une création de 108.000 en milieu urbain et d’une perte de 4.000 en milieu rural. L’emploi non rémunéré, constitué d’environ 98% d’aides familiales, s’est accru de 18.000 postes, 10.000 en zones urbaines et 8.000 en zones rurales.
Malgré l’accroissement de la population active occupée, le taux d’emploi a reculé de 40,7% à 40,5% (-0,2 point). Il a baissé de 0,1 point aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. L’écart des taux d’emploi entre hommes et femmes a atteint 46,3 points, avec des taux respectifs de 64% et de 17,7%.

 

Contribution sectorielle à la création nette d’emplois

 

Le secteur des « services » a créé 98.000 postes d’emploi (87.000 en milieu urbain et 11.000 en milieu rural), enregistrant un accroissement de 2,2% de l’emploi dans ce secteur. Ces nouveaux postes ont été créés principalement par les branches des « services personnels et domestiques » avec 37.000 postes, du « commerce de détail hors magasin » avec 30.000 postes et de la « restauration et hôtellerie » avec 26.000 postes.
Le secteur de l’ »industrie y compris l’artisanat » a, quant à lui, créé 19.000 postes d’emploi (16.000 en milieu urbain et 3.000 en milieu rural), ce qui correspond à une hausse de 1,6% du volume d’emploi dans ce secteur. Ces nouveaux postes sont créés principalement par la branche de l’ »industrie de l’habillement » avec 15.000 postes.
De son côté, le secteur de l’ »agriculture forêt et pêche » a créé 9.000 emplois (4.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural). En revanche, le secteur des BTP a perdu, durant cette période, 4.000 postes d’emploi au niveau national, résultat d’une création de 11.000 postes en milieu urbain et d’une perte de 15.000 en milieu rural, enregistrant une baisse de 0,4% du volume d’emploi du secteur.

 

Léger recul du chômage

 

Avec une baisse de 64.000 personnes, 29.000 en milieu urbain et 35.000 en milieu rural, le nombre de chômeurs est passé de 1.236.000 à 1.172.000 personnes entre le 3ème trimestre de 2017 et la même période de 2018. Le taux de chômage est ainsi passé de 10,6% à 10% au niveau national, de 14,9% à 14,3% en milieu urbain et de 4,6% à 3,9% en milieu rural.
Les baisses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (-1,8 point), les femmes (-1,3 point) et les personnes ayant un diplôme (-1,1 point).
Malgré ces baisses, le taux de chômage reste relativement élevé parmi ces catégories. Il est de 27,5% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (contre 7,4% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus), de 13,8% parmi les femmes (contre 8,9% parmi les hommes) et de 17,1% parmi les détenteurs d’un diplôme (contre 4% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme).

 

Un chômage relativement élevé parmi les diplômés de la formation professionnelle

 

Selon le diplôme, le taux de chômage des détenteurs d’un diplôme de formation professionnelle (23,9%) est supérieur à celui de l’ensemble des diplômés âgés de 15 ans et plus (17,1%). Il est nettement plus élevé parmi les femmes (36,5%) que les hommes (19,3%) et parmi les citadins (24,2%) que les ruraux (20,6%). Parmi cette catégorie, le chômage affecte beaucoup plus les jeunes âgés de 15 à 29 ans, avec un taux de 42,6% (52,3% parmi les femmes et 37,7% parmi les hommes). Il est de 14,3% parmi les personnes âgées de 30 à 44 ans et de 3,7% parmi celles âgées de 45 ans et plus.

 

Un chômage de longue durée et de première insertion

 

Près de 6 chômeurs sur 10 (57%) sont à la recherche de leur premier emploi (51,8% parmi les hommes et 68,1% parmi les femmes). Les deux-tiers des chômeurs (67,7%) chôment depuis une année ou plus (64,4% parmi les hommes et 74,7% parmi les femmes). D’un autre côté, 26,8% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement (21,9%) ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur (4,9%).
Environ 8% des chômeurs sont découragés par la recherche active d’un emploi. Ils sont à 86% citadins, 56% masculins, 53% jeunes âgés de 15 à 29 ans et 80% diplômés.
Leger recul du sous emploi

 

Le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a baissé, entre le 3ème trimestre de 2017 et la même période de 2018, de 1.027.000 à 1.022.000 personnes au niveau national, de 479.000 à 484.000 personnes dans les villes et de 548.000 à 538.000 à la campagne. Le taux de sous-emploi est ainsi passé de 9,9% à 9,7% au niveau national, de 8,3% à 8,2% en milieu urbain et de 11,8% à 11,6% en milieu rural.

 

Le taux de sous-emploi des hommes (11%) est deux fois plus élevé que celui des femmes (5,3%). Il est presque de même niveau dans les villes (8,2% parmi les hommes et 8,5% parmi les femmes) alors qu’en milieu rural, il est 6,5 fois plus important parmi les hommes (14,8%) que parmi les femmes (2,3%).

 

La population active occupée sous-employée est en majorité masculine (88%), rurale à 52,7%, jeune ne dépassant pas 30 ans à 37% et diplômée à 45,6%.

 

Parmi les 1.022.000 personnes en situation de sous emploi, 853.000 (83,5%) exercent un emploi rémunéré (82,6%parmi les hommes et 90% parmi les femmes). Les deux tiers des personnes en situation de sous emploi (681.000) le sont pour des raisons liées à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi ( ).

 

Près d’un actif sous employé sur 4 (27,4%) travaille moins de 35 heures par semaine, 1 sur 3 (33,6%) entre 35 et 47 heures et 4 sur 10 (39%) travaillent plus de 48 heures par semaine.

 

Situation régionale du marché du travail

 

Cinq régions du Royaume abritent 72,8% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. La région de Casablanca-Settat vient en première position avec 22,6% d’actifs, suivie de Marrakech-Safi (13,9%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,3%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,1%) et de Fès-Meknès (11,9%).
Quatre régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (45%) ; Casablanca-Settat (48,8%), Eddakhla-Oued Eddahab (48,5%), Marrakech-Safi (47,1%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (45,4%). En revanche, les taux d’activité les plus bas sont enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet (38,3%) et de Laayoune-Sakia El Hamra (37,9%).

 

D’un autre côté, 71,5% des chômeurs sont concentrés dans cinq régions; Casablanca-Settat vient en première position avec 24,4% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (16,1%), de Fès-Meknès (10,2%), de Marrakech-Safi (9,2%) et de l’Oriental (11,6%).

 

Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions de Laayoune-Sakia El Hamra avec 19,4%, de Guelmim-Oued Noun (17,3%), de l’Oriental (17,3%) et d’Eddakhla-Oued Eddahab (13,1%). En revanche, les taux les plus bas sont relevés dans les régions de Marrakech-Safi et de Béni Mellal-Khénifra avec respectivement 6,8% et 4,9%.

 

Par ailleurs, le taux de sous emploi dépasse la moyenne nationale (9,7%) au niveau de quatre régions. Il s’agit de Béni Mellal-Khénifra avec 15,6%, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (15,1%), de l’Oriental (12,9%), et d’Eddakhla-Oued Eddahab (11,5%). Les taux les plus faibles sont relevés dans les régions de Drâa-Tafilalet (4,4%) et Guelmim-Oued Noun (1,1%).

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