Tourisme : Le Maroc compte 750 000 emplois directs
03/02/2020

Le Maroc, en tant que grande destination offrant une importante diversité d’expériences de voyage, a su “malgré les insuffisances”, prendre sa part de marché dans le développement touristique mondial”, a souligné, samedi à Marrakech, le président de la Confédération Nationale du Tourisme (CNT), Abdellatif Kabbaj.

 

S’exprimant lors d’une conférence de presse dédiée à partager les réalisations de la Confédération ainsi que la feuille de route élaborée par le secteur privé pour la promotion du secteur, Kabbaj a précisé qu’au cours des cinq dernières années, l’industrie touristique marocaine a enregistré un taux de croissance moyen de 6% contre 4% à l’échelon mondial.

 

Et le président de la CNT d’ajouter que le Royaume a enregistré, à fin 2019, quelque 12,9 Millions de touristes, en augmentation de plus de 5,2% par rapport à 2018.

 

Après avoir noté que l’industrie touristique nationale compte 750.000 emplois directs et plus de 2,5 millions indirects, et représente 7% du PIB national, 80 milliards de DH de recettes touristiques et 29% des exportations de services, Kabbaj a fait observer que c’est un secteur “dont la transversalité est telle qu’il participe à l’essor de plusieurs autres secteurs économiques comme le bâtiment, l’agriculture, l’agro-industrie, les services, etc…”.

 

“Le tourisme marocain est le deuxième contributeur économique et doit, à ce titre, être placé, comme nous l’avons souvent dit, à la place qu’il mérite, qui est celle d’un secteur prioritaire, au vu de ce qu’il rapporte et surtout de ce qu’il peut rapporter, particulièrement en matière d’emploi pour notre jeunesse, et de contribution significative à la balance des paiements”, a-t-il enchaîné.

 

C’est dans ce sillage, a-t-il dit, que la CNT a décidé de changer de paradigme et s’est fixée comme mission de “contribuer de manière responsable et durable à la compétitivité du secteur touristique et au bien-être des Marocains en créant de l’emploi, en favorisant l’inclusion, en générant des devises et en promouvant l’innovation”.

 

Ainsi, “chacune des actions doit pouvoir être orientée et mesurée en termes de contribution à la compétitivité, à la durabilité et à l’emploi”, a-t-il expliqué, ajoutant que “chacune des actions doit également être orientée vers la recherche du client, sa satisfaction, l’amélioration de son expérience voyage et son choix de la destination Maroc qui est en compétition avec tellement d’autres”.

 

Abordant les principaux chantiers inscrits parmi les priorités de la Confédération, Kabbaj a précisé que ces chantiers “sont prioritaires pour le développement du tourisme et nous y travaillons dans le cadre de commissions de travail Public/Privé, impliquant les représentants de la CNT d’un côté et les pouvoirs publics de l’autre, c’est-à-dire, le département du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Economie sociale ainsi que l’ONMT, la SMIT, l’ONDA…, avec lesquels nous entretenons des rapports très étroits de collaboration et de prise de décision”.

 

“C’est ainsi que chacun est à l’écoute de l’autre, chacun coordonne avec l’autre ses actions, synchronise ses efforts, se met en synergie et en complémentarité et aligne ses objectifs, a-t-il soutenu. 

 

Le premier chantier porte sur le “Virage digital”, a-t-il fait savoir, soulignant que “cela fait plusieurs années que tout le monde parle de digital, de digitalisation… le business modèle du voyage a radicalement changé”.

 

“Les nouvelles technologies ne sont plus un luxe. Tous les acteurs doivent s’y mettre car la recherche d’information, la comparaison, l’évaluation de l’expérience, la recommandation, le choix et l’acte d’achat du touriste… tout se fait au bout de quelques clics”, a-t-il noté.

 

Et de poursuivre que le 2ème axe est inhérent au “Développement du Capital Humain et la Formation”. “Nous le savons tous, quelque soit le niveau d’évolution technologique, cela ne réduira jamais l’importance de la qualité de services”, a-t-il estimé, insistant sur l’importance de la formation pour la compétitivité, la promotion de l’emploi et l’entrepreneuriat.

 

Kabbaj a, en outre, mis l’accent sur la fiscalité en tant qu’élément fondamental de la compétitivité et de la rentabilité d’une destination, soulignant que “nous avons travaillé avec la CGEM et nos experts pour proposer des ajustements en matière de fiscalité, à la hauteur des ambitions du secteur du tourisme, et surtout en cohérence avec le rôle économique et social qu’il doit jouer dans notre pays”.

 

Le 4ème chantier est relatif à la réglementation du secteur sur laquelle la CNT travaille déjà depuis quelques années avec le ministère de tutelle, pour offrir un cadre règlementaire adapté à l’évolution du secteur, que ce soit dans l’hébergement, la distribution ou dans les transports.

 

Selon Kabbaj, “il est important de doter notre secteur d’une règlementation cohérente avec les nouvelles exigences de l’économie et du consommateur”.

 

“Le Tourisme interne est également au coeur de nos priorités”, a-t-il tenu à préciser, expliquant qu’une économie saine repose d’abord sur le marché intérieur, qui représente 30% des nuitées dans les établissements classés. “Nous espérons faire passer cela à 40% à l’instar des grandes destinations mondiales”, a-t-il dit.

 

Le président de la CNT s’est aussi attardé sur la réorganisation de l’Observatoire du Tourisme, outil majeur d’aide à la décision et d’orientation des politiques de ce secteur. “Nous avons besoin de faire un travail de fond sur cet outil, afin de le rendre plus autonome, plus performant, producteur d’indicateurs qualitatifs et pertinents à même d’accompagner les acteurs dans cette vision d’amélioration de la compétitivité et de développement”, a-t-il fait savoir.

 

Enfin, le dernier chantier est relatif à la gouvernance qui constitue, de l’avis de Kabbaj, “un véritable enjeu pour une gestion efficace et un suivi efficient du développement du secteur touristique marocain, dont la transversalité pose souvent de véritables défis aussi bien aux opérateurs privés qu’aux acteurs publics.

 

Pour leur part, les différents intervenants lors de cette conférence, dont des membres du bureau de la CNT, des présidents de Conseils régionaux de tourisme, des représentants d’organismes institutionnels et des professionnels représentant diverses destinations touristiques du Royaume, ont mis en avant les potentialités dont regorgent ces régions et la diversité des produits qu’elles proposent, tout en mettant l’accent sur les actions et les chantiers en cours pour l’amélioration des performances du secteur.

 

Ils ont ainsi insisté sur le renforcement du transport aérien compte tenu du rôle capital de ce segment dans la dynamisation de l’activité touristique, tout en soulignant que l’embellie et le dynamisme qu’a connu le tourisme national en 2019 a touché les différentes destinations du Royaume. 

Suivez-nous sur :